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17e édition du Forum social mondial : Najib Somoue expose la vision de « l’Initiative Royale pour l’Afrique Atlantique »

Le projet porté par Sa Majesté le Roi Mohammed VI du Maroc pour l’Afrique Atlantique a été au cœur des échanges de la 17e édition du Forum social mondial, tenue vendredi 7 août à Cotonou.

Dr Najib Somoue, Président du Centre Méditerranéen de Développement au Maroc (MEDEV)

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Lu par une voix de synthèse.

À cette occasion, Najib Somoue, président du Centre Méditerranéen de Développement au Maroc (MEDEV), a présenté sa vision de cette Initiative Royale, qui ambitionne de structurer et d’institutionnaliser cet espace stratégique du continent, fort de « 60 % du potentiel économique et 65 % du potentiel démographique » de l’Afrique.

À travers son intervention, il a développé une réflexion sur les enjeux de coopération et d’intégration du continent, tout en mettant l’accent sur les citoyens, la jeunesse et les générations futures.

Une Afrique qui prend en main son propre développement

À en croire Dr Najib Somoue, l’Initiative Royale pour l’Afrique Atlantique constitue, au-delà d’un projet géopolitique et économique, une vision de long terme pour le développement du continent africain. Son ambition est de transformer l’espace atlantique africain en un espace de connectivité, de coopération et de prospérité partagée. En effet, l’un des principaux apports de cette initiative réside, selon l’économiste spécialiste de l’Afrique, dans une approche fondée sur la coopération africaine et l’intégration régionale. Elle ne se limite pas au développement des infrastructures, mais vise également à créer des passerelles entre les économies, les populations et les territoires.

Cette ambition prend tout son sens au regard du potentiel des 23 pays africains de la façade atlantique. Ces États disposent d’importantes ressources humaines, de marchés, de potentialités agricoles, énergétiques et industrielles, ainsi que de perspectives dans le domaine du commerce. Pour lui, la proximité géographique ne suffit toutefois pas à créer une dynamique continentale. L’enjeu est désormais de la transformer en une véritable intégration économique et humaine. C’est à cette condition que les potentialités de la façade atlantique pourront être pleinement valorisées au profit du continent.

Des opportunités concrètes pour les citoyens

Mais cette vision ne s’arrête pas à la coopération entre les territoires. Dans son intervention, Dr Najib Somoue insiste également sur la nécessité d’apprécier l’Initiative à partir de ses effets concrets sur les populations. Pour les populations africaines, elle peut contribuer à faciliter la circulation des personnes et des marchandises, à réduire les coûts et les délais du commerce, mais également à créer de nouvelles opportunités d’emploi.

Dans le même temps, elle peut favoriser l’entrepreneuriat et l’investissement, améliorer l’accès aux marchés africains et internationaux et accompagner le développement des infrastructures de transport, d’énergie et du numérique. Elle peut également renforcer les échanges universitaires, culturels et professionnels entre les différents espaces du continent. Ainsi, estime Dr Somoue, sa véritable réussite serait celle qui permettrait à un jeune Africain, à un entrepreneur, à un agriculteur, à un étudiant ou encore à une PME de bénéficier directement de cette nouvelle dynamique. Autrement dit, la pertinence du projet se mesurera moins à son ampleur institutionnelle qu’à sa capacité à rapprocher concrètement les citoyens des opportunités.

Le Sahel, de l’enclavement à la connexion

Au cours de son intervention, Dr Najib Somoue aborde également la situation des pays du Sahel. Pour le responsable marocain, cette vision prend une résonance particulière face au problème de leur enclavement. Le Sahel dispose d’un potentiel économique et démographique considérable. Pourtant, son éloignement des grands ports constitue depuis longtemps un frein à son développement. Dans ce contexte, l’accès aux infrastructures et aux ports de la façade atlantique peut ouvrir de nouvelles perspectives.

Concrètement, les pays sahéliens pourraient ainsi diversifier leurs routes commerciales, réduire leurs coûts logistiques et accéder plus facilement aux marchés internationaux. Cette ouverture est également susceptible d’attirer davantage d’investissements, de développer les exportations et de créer des emplois pour une population majoritairement jeune.

Dans cette lecture, l’enjeu est de transformer le Sahel d’un espace enclavé en un espace connecté. Dr Najib Somoue voit ainsi dans la façade atlantique un véritable corridor de développement continental, capable de rapprocher les pays sahéliens des grands circuits commerciaux et des marchés internationaux.

Investir dans les générations futures

À cette dimension territoriale s’ajoute une autre réalité qui pèsera fortement sur l’avenir du continent : la démographie. Dans les prochaines décennies, l’Afrique connaîtra une transformation démographique majeure. Cette évolution représente à la fois un défi et une formidable opportunité. Elle oblige donc à penser l’Initiative Atlantique autrement que comme un simple projet d’infrastructures ou de connectivité. Elle doit également être envisagée comme un investissement dans les générations futures. Jusque-là, la question centrale n’est alors pas seulement de savoir : « Quels ports allons-nous construire ? » Elle est surtout de déterminer : « Quels emplois, quelles opportunités et quel avenir allons-nous offrir aux millions de jeunes Africains qui entreront demain sur le marché du travail ? ».

Pour l’économiste spécialiste de l’Afrique, c’est précisément à ce niveau que la dimension économique rejoint la dimension sociale et démographique. Les infrastructures peuvent créer les conditions de la connexion, mais leur véritable portée dépendra de leur capacité à accompagner les populations et à répondre aux besoins d’une jeunesse appelée à jouer un rôle majeur dans l’avenir du continent.

De la connectivité physique à la connectivité humaine

Dans cette logique, l’objectif ultime doit être de passer d’une simple connexion des territoires à une véritable connexion des peuples. Ports, routes, corridors, zones économiques et infrastructures numériques sont indispensables. Mais ils doivent être accompagnés par l’éducation, la formation professionnelle, l’innovation, l’entrepreneuriat et la mobilité des compétences. Car connecter les territoires ne suffit pas. Encore faut-il permettre aux populations de tirer pleinement profit de cette connexion. L’Afrique Atlantique doit donc devenir non seulement un espace de circulation des marchandises, mais également un espace de circulation des idées, des compétences, des capitaux et des opportunités. Cette évolution permettrait de donner à la connectivité une dimension plus large. Les infrastructures constitueraient alors le support d’une intégration qui ne serait plus seulement économique, mais également humaine.

Un projet qui dépasse les frontières

Au terme de cette réflexion, l’Initiative Royale pour l’Afrique Atlantique porte ainsi une vision qui dépasse les frontières nationales. Elle peut devenir un pont entre l’Afrique de l’Atlantique et l’Afrique du Sahel, entre les économies et les populations, mais aussi entre les infrastructures et les opportunités. En exposant, le président du MEDEV, relève que, son véritable indicateur de réussite ne sera donc pas uniquement le nombre de kilomètres de routes construits ou de conteneurs transitant par les ports. Il devra surtout être apprécié à travers le nombre de citoyens africains dont les perspectives économiques et sociales auront été améliorées.

Au terme de ce Forum avec des Organisations non gouvernementales (ONG) et des jeunes béninois, une conviction se dégage : « En plaçant le citoyen, la jeunesse et les générations futures au cœur de cette vision, l’Initiative Atlantique peut devenir un véritable levier de transformation du continent », a conclu Dr Somoue.