Escroquerie pyramidale : la Police républicaine intensifie la traque des réseaux liés à QNET
92 suspects interpellés au Bénin depuis avril 2026 et cinq responsables présumés arrêtés dans un pays voisin
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Lu par une voix de synthèse.
La lutte contre les réseaux d’escroquerie pyramidale prend une nouvelle ampleur au Bénin. La Brigade économique et financière (BEF) et le Bureau central national INTERPOL de Cotonou sont en première ligne face à des réseaux qui ciblent particulièrement les jeunes, sous couvert de prétendues opportunités professionnelles ou de promesses d’amélioration des conditions de vie.
Derrière ces offres présentées comme des occasions d’emploi, de formation, de voyage ou d’enrichissement, les enquêteurs décrivent des mécanismes bien organisés destinés à attirer et exploiter les victimes.
Des jeunes ciblés dans leur propre entourage
Le mode opératoire repose notamment sur la proximité. Famille, amis, connaissances ou relations professionnelles constituent les premiers points d’entrée pour atteindre de nouvelles recrues.
Les cibles privilégiées seraient notamment des personnes à la recherche d’un emploi, souhaitant améliorer leurs compétences linguistiques, acquérir une expérience professionnelle ou nourrissant le projet de voyager vers des pays occidentaux.
Une fois recrutées, certaines victimes se retrouvent prises dans un système dont il devient difficile de sortir.
Pour les services chargés de l’application de la loi, le phénomène présente ainsi les caractéristiques d’une forme de traite des personnes, particulièrement préoccupante en raison de son impact sur la jeunesse.
24 opérations et 92 suspects interpellés
Face à cette situation, la Police républicaine affirme avoir intensifié ses opérations.
Depuis avril 2026, pas moins de 24 opérations ont été menées notamment à Parakou, Godomey et Tatonnonkon. Ces interventions ont permis de désorganiser plusieurs sites de regroupement.
Bilan : 92 suspects interpellés et déférés devant la CRIET. La plupart ont été placés sous mandat de dépôt et se trouvent actuellement en détention.
Parallèlement, des centaines de victimes ont été secourues et ont pu regagner leur pays.
La traque dépasse désormais les frontières
Mais pour les enquêteurs, le démantèlement de ces réseaux ne peut se limiter au territoire béninois. Certains responsables présumés opèrent depuis des pays voisins.
Le Bureau central national INTERPOL de Cotonou a ainsi engagé des opérations au-delà des frontières béninoises.
Entre mai et juillet 2026, trois sites ont été démantelés dans un pays anglophone voisin. Ces opérations ont conduit à l’arrestation et à la remise aux autorités béninoises de cinq responsables présumés de premier plan, appartenant à trois groupes criminels.
Une centaine de victimes béninoises auraient ainsi été libérées de leur emprise, plusieurs ayant déjà pu regagner leur domicile.
La Police républicaine annonce par ailleurs un élargissement de sa stratégie.
La surveillance ne concernera plus seulement les organisateurs et animateurs de ces réseaux. Les propriétaires ou personnes qui mettent sciemment leurs maisons ou appartements à leur disposition pour servir de lieux d’activités criminelles pourront également être poursuivis.
Un avertissement clair aux personnes qui faciliteraient l’installation de ces réseaux : la mise à disposition d’un local, lorsqu’elle est faite en connaissance de cause, pourrait engager leur responsabilité.
La Police républicaine entend ainsi poursuivre la traque jusqu’au démantèlement des réseaux, à l’interpellation de leurs responsables et au secours des victimes.
Objectif affiché : empêcher que le Bénin ne devienne un refuge ou une base arrière pour ces réseaux criminels.