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Succession de Guterres : Pourquoi les deux candidats africains peinent à s'imposer

L’Afrique compte deux candidats dans la course à la succession d’António Guterres : l’ancien président sénégalais Macky Sall et le diplomate ougandais Olara Otunnu.

Macky Sall et Olara Otunnu, les deux candidats africains en lice pour la Succession de Guterres

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Lu par une voix de synthèse.

La succession d’António Guterres est désormais entrée dans une phase décisive. Le secrétaire général de l’ONU quittera ses fonctions à la fin de l’année 2026 et plusieurs personnalités sont engagées dans la course pour lui succéder. Parmi elles, deux Africains : Macky Sall, ancien président du Sénégal, et Olara Otunnu, ancien haut responsable des Nations unies et diplomate ougandais. Mais pour les deux candidats, le premier test diplomatique n’a pas été particulièrement favorable.

Macky Sall, une candidature sérieusement fragilisée

Candidat officiellement proposé par le Burundi, Macky Sall dispose pourtant d’un profil qui pouvait, sur le papier, peser dans la compétition. Ancien Premier ministre puis président du Sénégal de 2012 à 2024, il connaît les arcanes de la diplomatie internationale et a également dirigé l’Union africaine.

Mais le premier « straw poll », ou sondage informel du Conseil de sécurité, a constitué un sérieux avertissement. Sur les quinze membres du Conseil, Macky Sall n’a obtenu que six voix favorables, contre sept défavorables et deux « sans opinion ». Le vote n’est pas contraignant et plusieurs consultations doivent encore avoir lieu, mais le nombre de votes défavorables constitue un signal préoccupant.

Otunnu, le profil du « joker » africain

Pour Olara Otunnu, la situation est encore plus délicate. L’ancien diplomate ougandais possède pourtant une solide expérience de l’ONU. Il a notamment été secrétaire général adjoint et représentant spécial pour les enfants et les conflits armés. Son expérience des mécanismes onusiens est donc considérable.

Entré tardivement dans la compétition, Otunnu pourrait toutefois jouer la carte du candidat de compromis si aucun des favoris ne parvient à réunir suffisamment de soutiens. Mais son premier passage devant le Conseil de sécurité n’a pas été encourageant : il n’a obtenu que **deux voix favorables, cinq défavorables et huit « sans opinion ». Il arrive ainsi derrière les autres prétendants dans cette première consultation.

L’Amérique latine prend une longueur d’avance

Autre difficulté pour les candidats africains : la dynamique actuelle semble davantage profiter aux prétendants latino-américains. Lors du premier sondage, la Costaricienne Rebeca Grynspan est arrivée en tête avec 10 voix favorables, devant la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett et l’Argentin Rafael Grossi.

La question de la rotation régionale pourrait également peser. Si la pratique diplomatique veut qu’une certaine alternance géographique soit respectée dans le choix du secrétaire général, elle ne constitue pas une règle juridique contraignante. L’issue dépendra surtout de la capacité du candidat retenu à obtenir le soutien du Conseil de sécurité, puis celui de l’Assemblée générale.

Le veto, ultime obstacle

Pour comprendre les difficultés de Macky Sall et d’Olara Otunnu, il faut regarder du côté du Conseil de sécurité. Ce sont ses 15 membres qui recommandent un candidat à l’Assemblée générale. Surtout, les cinq membres permanents — États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni — disposent d’un droit de veto. Un candidat peut donc obtenir une large majorité tout en étant bloqué par l’opposition d’un seul de ces cinq États.

Le premier sondage ne signifie donc pas que les jeux sont faits. Les consultations sont secrètes, informelles et non contraignantes, et plusieurs tours doivent encore permettre aux candidats de convaincre et aux États de réajuster leurs positions.

L’Afrique peut-elle encore inverser la tendance ?

Pour le continent, l’enjeu dépasse les seules candidatures de Macky Sall et d’Olara Otunnu. L’Afrique dispose certes de deux prétendants, mais cette double présence peut aussi fragmenter les soutiens africains. À ce stade, aucun des deux ne semble en mesure de s’imposer comme le candidat naturel de l’ensemble du continent.

Macky Sall conserve toutefois une marge de manœuvre, notamment grâce à son expérience politique et à son réseau diplomatique. Olara Otunnu, malgré son départ tardif et son mauvais score initial, pourrait encore devenir un recours si les candidats actuellement en tête se retrouvent bloqués par des rivalités géopolitiques.

La course est donc loin d’être terminée. Mais une chose est déjà claire : pour que l’Afrique puisse espérer reprendre l’avantage, ses candidats devront convaincre bien au-delà du continent et surtout éviter de rencontrer l’opposition rédhibitoire de l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité.

Le prochain secrétaire général de l’ONU doit prendre ses fonctions le 1er janvier 2027. D’ici là, la bataille diplomatique ne fait que commencer.